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Jean-Luc DUPERRET, directeur d’abattoir

On entend beaucoup parler des abattoirs ces temps-ci. Nous avons voulu recueillir le témoignage d’un professionnel de l’abattage, Jean-Luc DUPERRET, directeur de l’abattoir de Corbas (Rhône).

La législation autour de l’abattage est de plus en plus encadrée. Après les normes permettant d’assurer la sécurité sanitaire, est venu le temps de travailler sur le thème de la protection animale en abattoir.

Depuis 2011, la prise en compte du bien-être animal est une obligation pour toute entreprise d’abattage. Il est précisé que « toutes les précautions doivent être prises en vue d’épargner aux animaux toute excitation, douleur ou souffrance évitables » pendant toutes les opérations entourant la mise à mort.

Cela ne veut pas dire que rien n’était fait avant ! Mais en instituant une loi, le législateur a incité fortement l’ensemble de la filière – des organismes de recherche sur le comportement animal à l’abattoir en passant par les éleveurs et les transporteurs – à réfléchir sur ce sujet. C’est ce que la filière a fait, en reprenant l’ensemble des données connues dans des guides des bonnes pratiques, à usage de la profession. Ainsi, à Cibevial, nous avons intégré dans notre fonctionnement le contenu de ces guides afin de respecter la loi… et la protection animale.

Entre 2012 et 2013 tous les salariés de l’abattoir ont été formés à cette prise en compte du bien-être animal (le bouvier, les personnes qui abattent, les personnes qui constatent la mort de l’animal). Et la protection animale est intégrée dans leur quotidien avec des Modes Opératoires Normalisés (MON) par poste. Chaque opérateur, à chaque étape, connait ainsi précisément la tâche qui lui incombe et la manière de procéder.

Nous avons aussi nommé un RPA : Responsable Protection Animale en abattoir. C’est une personne qui a été formée spécifiquement à la protection animale en abattoir, et qui réalise chaque mois des contrôles sur la bonne application des règles édictées en interne.

Enfin, le respect de la loi et de nos procédures de travail est vérifié par les services vétérinaires de l’Etat, qui sont en permanence en contrôle dans l’abattoir.

Pour terminer, la manière d’aborder le concept de la protection animale se professionnalise de plus en plus, grâce à des programmes de recherche et à des plans de formation mis en place par les fédérations et l’interprofession de la viande. Cela permet de répondre aux attentes sociétales du citoyen et du consommateur.

En revanche, il n’est pas toujours facile d’avancer avec des jugements et partis pris extérieurs.

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